Autres, Covid-19

Le Covid-19, bonne ou mauvaise idée en plein tour du monde?

Drôle de question, n’est-ce pas? Peut-être devrait-elle être posée dans l’autre sens. Quoiqu’il en soit, voyager à l’heure (ou plutôt aux mois) du Covid-19 n’est pas chose aisée, surtout quand vous avez tout plaqué dans votre pays d’origine pour vivre l’aventure d’une vie… Découvrez dans cet article comment nous avons vécu et continuons à vivre notre aventure à l’autre bout du monde, en pleine pandémie de Covid-19. Pas de photos sensationnelles dans cet article, donc, mais une immersion dans notre quotidien, nos espoirs et nos craintes.

Le Covid-19? Sékoissa?

Le Covid-19 est une maladie infectieuse, un coronavirus qui s’attaque aux voies respiratoires. Né en Chine, vraisemblablement sur un marché alimentaire de Wuhan au mois de novembre 2019, le virus se serait transmis de la chauve-souris au pangolin, qui aurait ensuite contaminé le patient zéro.

Si certaines personnes atteintes restent asymptomatiques, les symptômes peuvent mettre jusqu’à 14 jours avant de faire leur apparition. Similaires à ceux de la grippe, s’ajoute à cela une sévère détresse respiratoire. Les personnes âgées sont rapidement ciblées comme étant la population la plus à risque mais le virus se propage aussi dans les classes d’âge les plus basses.

D’abord à l’état d’épidémie en Chine, le Covid-19 se répand progressivement à l’échelle mondiale dans le courant du mois de janvier; le terme de pandémie est officiellement utilisé par l’OMS à partir du 11 mars 2020.

Etat de la pandémie au 27 avril 2020
(Source: Johns Hopkins University Center for Systems Science and Engineering)

22 janvier 2020 – Arrivée à Bangkok

Non, il ne s’agit pas du virus mais bien de nous, les Namureux. A partir de maintenant, la suite de cet article présente date après date la manière dont nous avons vécu la pandémie, depuis notre arrivée à Bangkok en Thaïlande jusqu’à Perth, en Australie, où nous nous trouvons au moment de rédiger cet article.

Pour Arnaud qui a continué son petit bonhomme de chemin seul en Inde, le Covid-19 n’existe pas encore. Le lendemain de nos retrouvailles à l’aéroport, Arnaud reçoit un message de son père: 

« Restez au courant de l’évolution du virus chinois … il commence à y avoir des cas en Thaïlande. C’est un virus hyper dangereux apparu en Chine il y a un mois. »

Le message est accompagné d’un lien vers un article de presse. Jusque là, pas d’inquiétude particulière de notre part, n’ayant jamais été réellement confrontés à une pandémie.

25 janvier 2020 – Nouvel an chinois à Bangkok

Malgré les avertissements, nous déambulons tranquillement dans Chinatown, où les festivités du nouvel an chinois vont bon train. Personne ne semble à l’agonie, tout va bien dans le meilleur des mondes. Et tout le monde se retrouve les uns sur les autres, sans crainte de quoi que ce soit.

28 janvier 2020 – Inquiétude dans le secteur touristique

A Kanchanaburi, la patronne de notre guesthouse nous exprime pour la première fois ses craintes quant à l’épidémie. En effet, le tourisme en Thaïlande est un secteur primordial de l’économie et ce dernier repose en grande partie sur les Chinois. Des restrictions de déplacement sont imposées depuis déjà plusieurs jours pour les ressortissants chinois et la Thaïlande commence à le ressentir. Pour nous, tout cela n’est pour l’instant qu’une bonne nouvelle: moins de Chinois, donc moins de monde là où on va (c’est pas bien de penser comme ça, en vrai 🤫).

31 janvier 2020 – Koh Tao, vidée de ses Chinois

Plus on avance dans nos étapes, plus on constate que, en effet, il n’y a aucun Chinois. C’est donc à ça que ressemble la fin du monde, vidée de ses Chinois… Blague à part, pour nous c’est toujours appréciable de pouvoir profiter d’un endroit comme celui-là sans être absolument assailli par les touristes (même si les Russes, les Anglais et les Français sont là pour nous rappeler que l’Europe n’est pas encore touchée).

4 février 2020 – Un premier cas en Belgique

Le premier cas de Covid-19 est annoncé en Belgique. C’est le début du bordel…

12 février 2020 – Retour à Bangkok

Après trois semaines en Thaïlande, nous voilà revenus à notre point de départ. L’après-midi se déroule parfaitement mais au moment de regagner notre guesthouse, Hélène ne se sent pas bien. Elle fait de la fièvre et l’idée de prendre l’avion pour le Myanmar le lendemain matin n’est pas pour nous rassurer car nous savons que des contrôles de température sont désormais installés dans les terminaux des aéroports.

13 février 2020 – En route pour le Myanmar

La fièvre d’Hélène, montée autour de 37,5°C durant la nuit, est retombée. Nous prenons l’avion sans encombres mais avec une pointe de stress au moment de passer les scans de détection à l’aéroport de Mandalay. Ouf, rien de suspect et surtout, Hélène va mieux, même si elle restera un peu patraque durant encore quelques jours. Il ne semble pas y avoir de coronavirus à l’horizon 🙏

Du 13 février au 6 mars 2020 – On oublie tout au Myanmar

Ce pays « coup de coeur » de notre voyage nous fait littéralement oublier le reste du monde. Personne ne semble au courant de ce qui se trame en-dehors des frontières de ce merveilleux pays et nous finissons par nous abandonner à l’insouciance générale. Seule la chaleur intenable commence à nous faire réfléchir quant à la suite du voyage et à la possibilité de modifier notre itinéraire de départ. Si nous avions initialement prévu de poursuivre au nord de la Thaïlande, au Laos, au Cambodge puis en Indonésie avant d’arriver en Australie, nous penchons de plus en plus vers une arrivée anticipée au pays des kangourous. Mais pour le moment, rien à voir avec le Covid-19, il fait juste très très chaud.

Sous le cagnard birman, à espérer que les températures redescendent sous les 30°C pour souffler un peu

6 mars 2020 – Le passage de la frontière Myanmar-Thaïlande

Dur retour à la réalité avec le passage de la frontière terrestre Myanmar-Thaïlande. Nous sommes inspectés par des médecins qui prennent notre température. Un petit bug avec le thermomètre d’Hélène (qui indique 39 degrés) et nous voilà revenus en Thaïlande, où nous allons tout de même nous aventurer au nord. A ce moment de notre voyage, nous prévoyons d’aller visiter Chiang Mai et la région de Pai durant deux semaines avant de regagner Bangkok et de prendre un avion vers l’Australie. Mais partir de maintenant, tout va aller très vite…

8 mars 2020 – Les night markets thaïlandais, toujours au goût du jour

Le night market du dimanche, rendez-vous incontournable des touristes de Chiang Mai. Toujours aucun Chinois à l’horizon mais ce coup-ci, les touristes européens ont également déserté le pays, bien que les night markets semblent toujours aussi remplis.

L’épidémie a progressé en Europe et touche maintenant la quasi-totalité des pays, l’Italie en tête. Le tourisme thaïlandais semble donc de plus en plus affecté, ce qui commence à se ressentir, notamment chez les chauffeurs de songthaews (les taxis locaux), à l’arrêt à tous les coins de la ville. De notre côté, nous continuons à planifier la suite de notre voyage, dans la région de Pai, à l’extrême nord du pays.

11 mars 2020 – La pandémie

L’OMS déclare officiellement la pandémie de Covid-19, le virus étant désormais réparti partout sur la planète. 

12 mars 2020 – L’annonce de Donald Trump

Face à la nouvelle menace que représente l’Europe, nouvel épicentre de la pandémie, Donald Trump annonce que tous les voyages depuis l’Europe vers le territoire américain sont interdits pour les trente prochains jours. C’est l’annonce qui va faire basculer la suite de notre voyage… Car bien qu’elle concerne les États-Unis, nous craignons désormais que l’Australie ne suive l’exemple américain dans les jours à venir, ce qui ferait tout bonnement s’écrouler notre projet. En effet, nous disposons déjà à ce moment d’un Working Holiday Visa, un visa nous permettant de travailler sur le territoire australien et d’y rester jusqu’à un an.

La matinée est très stressante. Nous prenons plusieurs heures pour chercher après un vol en catastrophe pour l’Australie. Les critères de recherche sont:

La date (le plus tôt sera le mieux et des vols depuis Chiang Mai sont disponibles dès le lendemain);

Le prix (aussi bas que possible et nous parvenons à trouver pour 200€ par personne);

La ville de destination (choisie en fonction de la date et du prix mais aussi en fonction de nos possibilités de voyager et de trouver un job une fois sur place, nous nous tournons vers Perth).

Comme vous pouvez le lire, à ce stade nous imaginons encore pouvoir voyager une fois en Australie. Nous ne pensons pas encore aux conséquences économiques catastrophiques qui sont déjà en train de s’abattre sur le pays et sur le reste du monde. Nous allons très rapidement y être confrontés.

13 mars 2020 – C’est parti pour 28h de voyage, dont 20h à Singapour

Dans chaque aéroport par lequel nous transitons, nous assistons aux mêmes scènes avec les contrôles de température devenus maintenant routiniers. Nous ne nous sentons pas particulièrement à l’aise durant notre escale à Singapour mais nous pouvons malgré tout profiter de la visite guidée de la ville organisée gratuitement pour les voyageurs en transit. Nous profitons aussi d’un court sommeil de quelques heures, allongés sur des sièges.

« Bonne nuit les petits… et faites de beaux rêves! »

14 mars 2020 – Perth

Après une nuit dans l’aéroport, nous embarquons pour Perth et arrivons enfin en Australie. Quel soulagement… Nous passons notre première semaine dans un Airbnb, dans l’appartement de notre hôte Won, patron de son propre restaurant. A la remise des clés, il nous explique que l’impact du Covid-19 sur le tourisme est déjà très important en Australie et qu’il s’attend à devoir fermer son restaurant d’ici quelques semaines, faute de clients…

Du 14 au 20 mars 2020 – Une semaine pour se rendre compte 

Quand nous avons réservé notre Airbnb avant d’arriver à Perth, nous imaginions que cette première semaine nous permettrait d’effectuer les démarches administratives nécessaires pour pouvoir travailler en Australie (numéro TFN, compte en banque) mais surtout, trouver un véhicule! L’idée étant de travailler tout en voyageant, nous avons besoin soit d’un 4×4 avec tente de toit, soit d’un van aménagé nous permettant de dormir dans des campings. 

Le problème est que nous commençons à prendre conscience de la situation: les rues sont vides, les pâtes et le papier toilette sont pris d’assaut dans les supermarchés et nous ne croisons pas une seule fois notre hôte durant notre séjour (il se confine et nous évite autant que possible).

Le 15 mars, une distance de minimum 1,5m doit être désormais respectée entre toutes personnes ne résidant pas sous le même toit.

Les rues vides du centre-ville de Perth, en pleine semaine. Quelque chose ne tourne pas rond ici…

Le 16 mars, le gouvernement australien annonce que tous les nouveaux arrivants sur le territoire, qu’ils soient Australiens ou étrangers, doivent s’auto-confiner pour une durée de 14 jours. Nous l’avons échappé belle car si vous êtes pris hors de chez vous ou de votre chambre d’hôtel, une amende salée vous attend. Malgré cela, nous essayons de nous confiner à notre façon, en limitant nos sorties au strict minimum. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises…

20 mars 2020 – Ça part en sucette

Le 20 mars, le gouvernement australien annonce l’interdiction d’entrée dans le pays à tous les voyageurs de nationalité étrangère. Nous l’avons vraiment échappé belle 😧 

Entre-temps, comme nous n’avons toujours pas trouvé de véhicule et que surtout, nous sommes toujours en pleine réflexion quant à notre avenir ici, nous avons réservé une nouvelle semaine d’hébergement mais cette fois dans un hôtel du centre-ville.

Du 21 au 23 mars 2020 – Ça cogite, ça cogite…

Ces trois jours sont probablement les plus compliqués depuis notre arrivée. Sans voiture, nous sommes toujours libres de repartir vers la Belgique et d’abandonner notre projet. C’est difficile de prendre une décision dans ce contexte, autant vis-à-vis d’un retour en Belgique que vis-à-vis d’un achat de véhicule. Toujours dans l’incertitude, nous enchaînons les visites de véhicules, pas moins de trois en trois jours.

Le 23 mars, les pubs, cafés et restaurants sont officiellement fermés pour une période indéterminée. Outre l’impact financier pour le pays, cela signifie pour nous que d’une part, l’un des domaines dans lequel nous pouvons espérer trouver un job est maintenant inexistant et que d’autre part, tous les backpackers qui travaillaient dans ce domaine sont maintenant sans emploi et vont se rabattre sur le travail en ferme, augmentant la concurrence. Un tour sur les réseaux sociaux et les sites Internet spécialisés permet d’ailleurs de rapidement s’en rendre compte: les gens cherchent mais les employeurs n’engagent pas.

24 mars 2020 – Ça part encore plus en sucette

Ce jour marque le début de l’auto-isolement imposé aux voyageurs inter-états. Qu’on se le dise, l’Australie est un très grand pays, grosso modo de la taille de l’Europe. Il est réparti en états qui possèdent chacun une certaine autonomie, un peu comme aux États-Unis. Le Western Australia (WA), état dans lequel se trouve Perth (et donc dans lequel nous nous trouvons) impose cet auto-isolement de 14 jours aux nouveaux arrivants. L’état du South Australia (SA) et celui du Northern Territory (NT) imitent le Western Australia, l’isolant de la côte est.

Ce même jour marque aussi l’annonce de restrictions de déplacement plus strictes au sein du Western Australia, le plus grand des états australiens (presque la moitié ouest du pays). Afin d’entraver la progression du virus et protéger les zones les plus rurales de l’état, des contrôles seront mis en place aux frontières entre les neufs régions du Western Australia, dès le 1er avril. Et pour faire court, seule une promesse d’embauche aurait le pouvoir de nous faire passer d’une région à une autre. Dans un pays où le porte-à-porte est le meilleur moyen de trouver un job, ça complique pas mal le truc, surtout quand on constate que Perth est toute petite…

Le gouvernement encourage tous les voyageurs à regagner Perth, la ville la mieux équipée pour affronter la pandémie. Progressivement, les campings de l’état (y compris les free camps situés en pleine nature, perdus sur une plage et uniquement accessibles en 4×4) se ferment. Les fermetures commencent au nord de l’état et région par région, finissent par se propager jusqu’à Perth. Les voyageurs ne sont plus encouragés à revenir à Perth, ils y sont forcés; ceux qui se trouvaient au nord de l’état font donc machine arrière et reviennent vers Perth, en voyant derrière eux se fermer les différents campements. Les rangers sont là pour faire respecter ces nouvelles mesures.

Jusqu’à présent, nous étions convaincus qu’un confinement serait plus facile à vivre au sein du Western Australia car nous nous imaginions pouvoir quitter Perth et aller nous terrer dans le bush ou sur une plage jusqu’à ce que les choses se calment… Ce n’est désormais plus possible.

26 mars 2020 – Jeep Grand Cherokee

Malgré les mauvaises nouvelles, nous avons continué nos recherches de véhicule. Après un échange rapide avec un garagiste réputé basé à 20km du centre, nous partons lui rendre visite et finissons par trouver la voiture de nos rêves, un 4×4 avec tente de toit que nous revenons acheter le lendemain pour la modique somme de 6000$ australiens (grâce au taux de change qui a explosé avec cette pandémie, nous sommes plutôt gagnants, enfin une bonne nouvelle). L’après-midi, nous en profitons déjà pour sillonner les environs, à la recherche d’une ferme. En vain.

Le même jour, nous assistons au démarrage d’une chaîne de solidarité à deux niveaux distincts:

– Création d’un groupe WhatsApp d’aide aux francophones dans le Western Australia (créé par des Françaises habitant Perth depuis de nombreuses années, l’objectif est d’aider tous les francophones dans le besoin, entre ceux cherchant à regagner l’Europe et ceux cherchant un toit);

– Création d’un groupe Facebook « Adopt a backpacker » (mise en relation des backpackers avec des Australiens susceptibles de les héberger et de les nourrir en échange de quelques heures de travail par jour).

Du 28 mars au 31 mars 2020 – Après l’hôtel, le camping

Nous quittons notre hôtel du centre-ville, sans trop savoir où aller. Nous avons besoin de nous poser et de réfléchir aux options qu’il nous reste. Nous nous posons trois jours dans un camping de la périphérie de Perth.

Le 30 mars, nous répondons à une annonce vue sur Facebook: un couple de Français cherche une coloc sur Perth pour les prochaines semaines. Nous décidons de les rencontrer et de voir comment nous pouvons envisager ensemble la suite. Dans la foulée, nous réservons avec eux un appartement Airbnb jusqu’au 28 avril. Voilà qui nous donne au moins un mois de répit.

1er avril 2020 – Fermeture des frontières régionales au sein du Western Australia

La mesure annoncée une semaine plus tôt entre en application. Nous voilà bloqués à Perth, pour une durée indéterminée. A moins de trouver un job en ligne ou par téléphone, ce qui semble illusoire.

3 avril 2020 – « Backpackers, it’s time to make your way home »

« Backpackers, il est temps de rentrer à la maison. » Cette phrase du premier ministre australien s’adresse aux dizaines de milliers de personnes dans notre situation. Elle est sans équivoque; il invite prestement tous ceux qui seraient incapables de subvenir à leurs besoins à rentrer chez eux.

En complément de cela, un auto-isolement de 14 jours est imposé à tous les backpackers qui changeraient de région pour aller trouver un travail en ferme. L’enregistrement à cet auto-isolement s’effectue en ligne sur le site du gouvernement et vient nous mettre d’autant plus de bâtons dans les roues. Pourquoi pénaliser encore plus les backpackers alors que les Australiens ont désormais autant de chances d’être porteurs du virus que nous? Quand le rêve vire au cauchemar… 😟

5 avril 2020 – Fermeture du Western Australia

L’auto-isolement de 14 jours imposé lors d’un passage d’un état à l’autre se transforme en une interdiction pure et simple de pénétrer le Western Australia (sauf exemptions). C’est le seul état australien à rendre hermétiques ses frontières.

Rester en Australie malgré tout?

Suite aux déclarations du premier ministre concernant les backpackers, le racisme anti-backpackers commence à devenir visible. Les Australiens se méfient des étrangers et certains n’hésitent pas à passer à l’acte: dégradations de voitures, insultes, licenciements abusifs de backpackers… Rien qui ne donne très envie de rester ici. Et pourtant, nous nous accrochons. Vous devez sûrement vous demander pourquoi et vous avez raison. Il y a plusieurs raisons à cela:

La raison sanitaire. Alors là, il n’y a même pas photo. Là où la Belgique devient doucement mais sûrement le pays au taux de mortalité lié au Covid-19 le plus élevé au monde proportionnellement à sa population (faisons abstraction de Saint-Marin si vous le voulez bien, 40 morts ce n’est pas significatif en comparaison des 7000 morts en Belgique), l’Australie amorce très rapidement une décroissance du nombre de cas. A l’heure d’écrire ces lignes (26 avril 2020), le nombre de cas cumulés est de 6710 (1104 actifs) et le nombre de morts est de 83. C’est bien simple: jamais le nombre de morts quotidien n’a dépassé le chiffre 8. Oui, vous avez bien lu.

Nous avons de plus une bonne assurance voyage qui nous couvre en cas d’hospitalisation liée au Covid-19. Et pour couronner le tout, nous n’avons aucune envie de prendre le risque de transiter par des aéroports et de passer plusieurs heures d’affilée à côtoyer de potentiels malades dans les avions. Pour rester en bonne santé, +1 pour l’Australie;

La raison financière (partie 1). Bien que nous n’ayons aucune situation financière en Australie, nous avons investi 6000$ dans une voiture. Supposons que nous souhaitions rentrer demain: nous revendrions notre voiture à peu près au tiers du prix d’achat, pour la bonne et simple raison qu’il n’y a plus aucune entrée de backpackers en Australie (sans compter les restrictions de déplacement dans le pays). Avec une disparition de la demande mais une offre qui explose (beaucoup de backpackers tentent de rentrer au bercail et cherchent donc à se débarrasser de leur voiture), les prix sont en chute libre. Donc autant rester et voir si nous pourrons la revendre dans quelques mois. Pour ne pas perdre ses sous-sous, +1 pour l’Australie;

La raison financière (partie 2). Imaginons que nous soyons parvenus à revendre notre voiture, pour une bouchée de pain ou non. Nous devons maintenant trouver un vol. Et là, ça relève carrément du parcours du combattant. Vers la fin du mois de mars et le début du mois d’avril, certains billets étaient proposés à des prix supérieurs à 10000$ (oui, avec quatre zéros) et dans la moyenne, les prix tournaient autour de 2 ou 3000$, ce qui est exorbitant par rapport aux prix courants. La raison à cela est qu’il ne restait plus qu’une seule compagnie aérienne à assurer les liaisons vers l’Europe: Qatar Airways. Et si monopole, les prix s’envolent (à défaut de voir les avions décoller car la plupart des vols ont été supprimés dans la foulée). Pour ne pas perdre une nouvelle fois ses sous-sous, +1 pour l’Australie;

La raison logistique. Nous venons d’arriver sur le territoire australien avec un Working Holiday Visa nous permettant de rester 12 mois dans le pays (potentiellement 12 mois supplémentaires si nous travaillons 88 jours en ferme et 12 nouveaux mois supplémentaires si nous remplissons les mêmes conditions lors du second visa). Nous ne sommes pas de simples touristes et il est donc possible pour nous de rester ici le temps que la crise se termine (croisons les doigts);

La raison philosophique. Le rêve, tout simplement. Nous avons tout plaqué en Belgique pour vivre cette aventure (boulot, appart) et revenir au point de départ avec un sentiment d’inachevé nous semble tout bonnement inconcevable.

Une qualité de vie incroyable, même sans boulot (coucher du soleil sur le centre-ville, depuis Victoria Park)

18 avril 2020 – Le quotidien de notre Airbnb prolongé

Après presque trois semaines de confinement dans notre nouvelle coloc avec nos deux amis français, notre vie se résume à dormir, rédiger le blog, faire du sport, faire les courses et organiser des apéros autour d’un jeu de carte. L’une ou l’autre fois, nous nous rendons à la plage ou nous partons nous promener dans un parc ou le long de la rivière. Nous ressentons la lassitude s’installer et nous ne faisons aucun effort pour trouver du boulot, préférant attendre une réouverture des régions dans le Western Australia.

Apéro-cartes avec les amis Français

Lors d’une conférence de presse, le premier ministre australien déclare que les restrictions actuelles devraient être inchangées au moins jusqu’à la mi-mai. Nous nous concertons avec nos colocs et décidons de prolonger la location jusqu’au 15 mai.

23 avril – Fermeture des frontières australiennes jusque minimum fin juillet

Parmi toutes les mesures prises, celle concernant la fermeture complète du pays aux nouveaux arrivants devrait être la dernière à être supprimée et ne devrait pas l’être avant au moins trois ou quatre mois, soit pas avant la fin du mois de juillet. Dans le même temps, il est annoncé que les frontières inter-états devraient être maintenues en place durant au moins six mois, ce qui laisse donc suggérer que la réouverture du pays ne devrait pas se faire en réalité avant six mois…

Alors, vous avez trouvé la réponse à notre question du début? Bonne ou mauvaise idée le Covid-19 quand on voyage autour du monde?

Mauvaise idée, bien sûr 🙄 Saloperie de virus… Si vous avez tout lu jusqu’ici, vous comprenez un peu mieux notre galère à l’autre bout du monde. C’est dans ce genre de situation que l’on regrette un peu de ne plus avoir de boulot et de logement fixe… Mais comme vous l’avez également lu, nous avons fait le choix de rester en espérant que nos horizons actuellement bouchés finissent par se dégager.

En attendant, continuez à nous lire et à nous suivre, abonnez-vous si vous souhaitez être tenus au courant des nouveaux articles et surtout, prenez soin de vous! Des bisous à tous ❤

⬇️ Nos derniers articles ⬇️

1 réflexion au sujet de “Le Covid-19, bonne ou mauvaise idée en plein tour du monde?”

Laisser un commentaire